| Prise en charge du poids, la différence homme femme |
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Au-delà de la mise en relation entre le déficit d’activité et la prise alimentaire, notre objectif était de démontrer qu’il est possible, quelque soit le sexe et le surpoids, de d’améliorer sa condition physique par un programme de marche de 30 minutes trois fois par semaine dont 25 minutes à leur vitesse sollicitant l’utilisation maximale des lipides (en grammes par minute) basé sur le concept de « Lipox » (Brooks et Mercier 1993) En effet, il importe de marcher à une vitesse qui va améliorer la fonction cardiorespiratoire sans fatigue précoce. Notre laboratoire a montré dans ses travaux antérieurs (www.billat.net) que la vitesse de marche, de course, de pédalage, qui permet au cœur de solliciter son remplissage et sa vidange maximale (volume d’éjection systolique maximal VSM, améliore l’apport sanguin d’oxygène du cœur à tout l’organisme. Cela favorise de fait l’oxydation (comburation) des sucres et des lipides. C’est pourquoi nous avons mis en place une recherche-action (au sens où les 100 personnes (de 20 à 65 ans 50% d’homme et de femmes de la région parisienne dont 20% de Val de Marnais) en ont été les acteurs et les bénéficiaires) qui a permis d’atteindre les objectifs suivants : 1. déterminer la vitesse optimale de marche permettant d’utiliser la quantité de lipide à la minute puis une vitesse sollicitant le volume d’éjection systolique maximal pour l’amélioration de la fonction cardiovasculaire et enfin une vitesse induisant une sécrétion de catécholamines pour augmenter le métabolisme (la dépense énergétique) post exercice quand l’adolescent revient au repos. 2. proposer un programme personnalisé facile à mettre en œuvre puisque constitué de seulement 3 sessions de marche de 30 minutes hebdomadaires réalisées à ces deux vitesses en donnant des repères d’intensité basées sur la mise en correspondance de ces deux vitesses avec la perception de la pénibilité (figure 1).
Figure 1 : RPE SCALE : Il suffit alors de repérer la note (de 6 à 20) individuelle correspondant à la vitesse de marche mobilisant le plus les lipides (échelle de Borg, psycho physiologiste qui a établi une correspondance entre les indicateurs physiologiques de fréquence cardiaque et de d’accumulation d’acide lactique et des sensations de pénibilité). Le marcheur suivra ses sensations ou sa fréquence cardiaque s’il dispose d’un cardio fréquence mètre. Les sujets : 100 personnes de 20 à 65 ans de la région Parisienne (20% de Val de Marnais) dont 50% d’hommes et de femmes. Tous étaient inactifs. Ensuite les sujets ont réalisé un premier test de marche avec les mesures physiologiques de fréquence cardiaque, volume d’éjection systolique, consommation d’oxygène, acide lactique) pour étalonner leur vitesses optimales de marche à Lipox et > au seuil d’accumulation lactique, selon le protocole de Brooks et Mercier ‘1983) et ils ont rempli un semainier alimentaire afin de mesurer leurs apports alimentaires et ils ont suivi leur programme de marche de 3 séances par semaines de 30 minutes à vitesse Lipox et au dessus du seuil lactique. En moyenne ces intensités correspondaient à la sensation facile et la assez dur (8 et 15 sur l’échelle de Borg). Il faut toutefois noter que les sensations peuvent être peu fiables chez les personnes qui n’ont absolument pas l’habitude de bouger leur corps. Nous avons donc conseillé à ces personnes l’utilisation d’un cardio-fréquence mètre qui indique de façon fiable la fréquence cardiaque cible correspondant à ces deux vitesses de marche optimales. Après 2 mois de suivi du programme, les sujets ont efffectués le même test de marche avec mesures physiologiques et de sensation. Leur bilan alimentaire était de nouveau analysé avec le logiciel Nutrilog.
Les résultats ont montré que ce type de programme ne s’accompagnait pas d’un amaigrissement significatif ce qui pouvait être expliqué par une augmentation des apports alimentaires sucrés après les séances de marche (les sujets déclaraient se « récompenser de leurs efforts ») . le programme a directement amélioré la condition physique sans amaigrissement. En effet, le programme a augmenté de 15% la consommation maximale d’oxygène et a surtout diminuée de 20% la pénibilité d’une vitesse de marche ce qui encourage les personnes à marcher davantage tout en étant capable de converser et de ne pas être essoufflée. La vitesse de Lipox augmenté de 1,5 km/h (passant de 3 à 4.5 km/h) ainsi que et la vitesse de marche maximale de marche de 6 à 7,5 km/h (limite marche-course). La fonction cardiaque s’est améliorée en témoignent : la baisse de la fréquence cardiaque de 10 battements par minutes à chaque palier de vitesse absolue, le volume d’éjection systolique maximal de 15% et la pression artérielle moyenne de 15% également. La perception de la pénibilité de l’effort a montré une diminution de 20% à chaque vitesse. L’effort à une même vitesse (4 kmh par ex) était au plan cardiaque moins sollicitant et moins pénible. La moitié des participants ont continué spontanément leur programme de marche rée talonné pour 2 à 6 mois supplémentaires. Même si nous n’avons pas élaboré de questionnaire de qualité de vie et psychologique, les discours ont montré une meilleure estime de soi d’avoir réussi à suivre ce programme et les personnes se déclaraient « être mieux dans leur peau ».
Les résultats ont montré que quelque soit le sexe et le surpoids, ce type de programme ne s’accompagnait pas d’un amaigrissement significatif mais permettait d’améliorer de 15% la consommation maximale d’oxygène et surtout de diminuer de 20% la pénibilité d’une vitesse de marche ce qui encourage les personnes à marcher davantage tout en étant capable de converser et de ne pas être essoufflée. Nous voyons donc, qu’une activité physique modérée dont le volume et l’intensité sont ajustés permet de lutter efficacement contre l’obésité.
Marcher 3 fois par semaine à la bonne vitesse permet d’améliorer la condition physique de personnes en surpoids et obèses, hommes et femmes quelque soit l’âge et le niveau d’activité physique de départ (pur sédentaire à peu actif). Même s’ils n’avaient pas maigri significativement, ils étaient en meilleure condition physique et probablement psychologique ce plan étant à compléter par une analyse multidisciplinaire l’an prochain.
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